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S'installer

S'installer à Tokyo

Tokyo s'apprivoise par la mairie d'arrondissement : c'est elle qui enregistre votre adresse, ouvre l'assurance santé, délivre le carnet de santé mère-enfant et la carte qui rend les soins des enfants gratuits. Le reste suit dans l'ordre : compte bancaire, téléphone, registre du consulat, puis le logement et les transports. Voici ce que nous aurions aimé savoir avant d'arriver, vérifié sur les sites officiels japonais et français.

Vérifié le 31 octobre 2026

Arrivée et premières démarches

Au Japon, chaque membre de la famille a son statut de résidence et sa carte de résident, remise à l'aéroport. Les quatorze premiers jours sont décisifs : c'est le délai pour déclarer votre adresse à la mairie d'arrondissement, qui déclenche tout le reste.

À savoir

  • Le parent qui travaille obtient un statut de résidence professionnel ; conjoint et enfants arrivent sous le statut « Personne à charge » (Dependent), rattaché au sien. Ce statut n'autorise pas à travailler : le conjoint qui veut exercer une activité demande au bureau de l'immigration une « autorisation d'exercer des activités autres que celles autorisées ». Le guide officiel de l'Agence des services d'immigration existe en français. Source
  • La carte de résident (zairyu card) est remise à l'arrivée à Narita ou Haneda ; elle indique le statut et la durée de séjour. À partir de 16 ans, il faut l'avoir toujours sur soi. Renouvellement ou changement de statut se demandent au bureau de l'immigration, à Tokyo dans la tour de Yotsuya. Source
  • Dans les 14 jours qui suivent votre installation, déposez une « notification d'emménagement » à la mairie de votre arrondissement (kuyakusho), avec la carte de résident ou le passeport de chacun. Vous entrez ainsi au registre des résidents, recevez votre numéro My Number et pouvez souscrire l'assurance santé nationale au même guichet. Source
  • L'inscription au registre des Français établis hors de France est gratuite, valable 5 ans et se fait en ligne sur service-public.fr avec une pièce d'identité française, un justificatif de résidence au Japon et une photo récente ; comptez environ quatre semaines de traitement. Elle ouvre les bourses scolaires, raccourcit les rendez-vous passeport et permet au consulat de vous joindre en cas de séisme ou de typhon. Source
  • Semaine 1, dans l'ordre : mairie d'arrondissement (adresse, assurance santé, allocation familiale et certificat médical des enfants), carte My Number, compte bancaire, téléphone, puis registre du consulat. Si vous êtes enceinte, c'est aussi à la mairie que l'on retire le carnet de santé mère-enfant. Source
  • La section consulaire reçoit sur rendez-vous, pris sur consulat.gouv.fr ; l'état civil (déclaration d'une naissance, transcription) se traite par courrier après un premier contact. Le service France Consulaire répond par téléphone du lundi au vendredi, de 15 h à 21 h heure du Japon. Source

Adresses

  • Section consulaire de l'ambassade de France à Tokyo

    Consulat

    4-11-44 Minami-Azabu, Minato-ku, Tokyo 106-8514

    Dans l'enceinte de l'ambassade, à Hiroo : métro Hibiya, station Hiroo, sortie 1 (direction Tengenji-bashi). Démarches sur rendez-vous ; visas du lundi au vendredi de 9 h à 11 h 30 ; stationnement interdit devant le portail. C'est ici que l'AFJ tient son P'tit Déj Accueil mensuel.

Se loger : quartiers et location

Les familles françaises se répartissent entre trois pôles : Hiroo et Minami-Azabu autour de l'ambassade, Kagurazaka et Iidabashi autour de l'Institut français, et le nord de la ville autour du Lycée français de Takinogawa. Louer au Japon demande un garant, un budget d'entrée de plusieurs mois de loyer et un peu de japonais, ou une agence qui le parle pour vous.

À savoir

  • Hiroo est « le second quartier où résident le plus de Français dans la ville » : vert, tranquille, idéal pour les familles, avec l'ambassade et les cliniques internationales. Pour plus d'espace, Setagaya et Nerima, à l'ouest, sont souvent recommandés : parcs, écoles et supermarchés à proximité. Roppongi reste le quartier le plus international, Kabukicho (Shinjuku) le moins adapté aux enfants. Source
  • Prévoyez l'équivalent d'environ cinq mois de loyer à la signature : le dépôt de garantie (shikikin, environ un mois, en partie restitué), le « cadeau » au propriétaire (reikin, environ un mois, jamais remboursé), la commission d'agence, le loyer du mois en cours et du suivant, et une assurance incendie et dégâts des eaux. Source
  • Un garant est presque toujours exigé ; sans proche au Japon, l'agence vous orientera vers une société de garantie payante. Le bail dure en général deux ans et se renouvelle moyennant des frais de renouvellement (koshin). Pièces à prévoir : carte de résident, justificatif d'emploi et de revenus, parfois un relevé bancaire. Source
  • Pièges à connaître : la distance à la gare pèse plus que la surface dans la vie quotidienne ; les immeubles d'avant 1981 échappent aux normes antisismiques modernes ; un « jiko bukken » (logement où un décès a eu lieu) est proposé au rabais. Visitez un quartier à plusieurs heures de la journée avant de signer. Source
  • Les logements se louent vides au sens strict : ni plafonniers, ni rideaux, ni réfrigérateur ni machine à laver, et les animaux sont souvent refusés. Les agences habituées aux étrangers (dont une tenue par un Français) et les sociétés de relocation facilitent la recherche quand on ne lit pas encore le japonais. Source
  • Le ministère japonais du Logement publie un « Guide de recherche d'appartements » en anglais qui détaille la procédure, les documents, le budget et les règles de vie dans un immeuble japonais (tri des déchets, bruit, vélos). Source

Adresses

  • Hiroo, Minami-Azabu et Shirokane

    Quartier

    Le cœur historique des Français : ambassade et section consulaire, parc Arisugawa, bibliothèque métropolitaine, cliniques internationales, supermarchés d'import. Calme et vert, mais parmi les loyers les plus élevés de la ville.

    Source
  • Kagurazaka, Iidabashi et Ichigaya

    Quartier

    Le « petit Paris » de Tokyo : Institut français du Japon et sa médiathèque, librairie française Omeisha, boulangeries et bistrots, ruelles pavées. Très central, bien relié au Lycée français par la ligne Namboku.

    Source
  • Takinogawa et Kita-ku

    Quartier

    Le Lycée français international de Tokyo, de la maternelle à la terminale, et son association de parents. Quartier résidentiel plus abordable au nord de la ville, avec les jardins de Rikugien et Kyu-Furukawa à deux pas ; les familles y gagnent de l'espace et un trajet d'école à pied.

    Source
  • Setagaya et Nerima

    Quartier

    Les grands arrondissements résidentiels de l'ouest : maisons avec jardinet, parc de Kinuta, hôpital national pour enfants, Futako-Tamagawa et Sangenjaya pour les sorties. Plus loin du centre, plus d'espace pour le même budget.

    Source
  • Roppongi, Azabudai et Akasaka

    Quartier

    Le quartier le plus international : ambassades, sièges d'entreprises, écoles internationales, résidences meublées pour expatriés et le nouveau teamLab Borderless à Azabudai Hills. Pratique pour une première année, cher et très urbain.

    Source

Téléphone et assurances

Le téléphone se règle vite avec la carte de résident. Côté assurances, deux sont obligatoires : la santé pour tous, la responsabilité civile pour qui a une voiture.

À savoir

  • Pour le téléphone, un forfait avec engagement chez un grand opérateur demande la carte de résident et une adresse japonaise ; les opérateurs à bas prix (MVNO) et les eSIM prépayées dépannent les premiers jours et conviennent souvent aux enfants.
  • L'assurance santé est obligatoire pour tout séjour de plus de trois mois : assurance d'entreprise pour les salariés (cotisation partagée avec l'employeur), assurance santé nationale (Kokumin kenko hoken) pour les autres, souscrite à la mairie et calculée sur la taille et les revenus du foyer. Source
  • L'assurance responsabilité civile automobile (CALI, jibaiseki hoken) est obligatoire pour tout véhicule immatriculé, voiture ou deux-roues ; conduire sans elle est une infraction. Elle couvre les victimes, pas votre voiture : une assurance volontaire s'y ajoute presque toujours. Source
  • L'assurance incendie du locataire est exigée à la signature du bail ; l'assurance séisme, facultative, ne se souscrit qu'en complément de celle-ci, dans un système garanti par l'État. Les biens du locataire ne sont couverts que si vous le demandez. Source

Banque et argent

Le Japon reste un pays où l'on paie encore souvent en espèces et où la banque demande de la patience : beaucoup d'établissements attendent six mois de résidence. Les cartes IC et PayPay simplifient le quotidien en attendant.

À savoir

  • Pour ouvrir un compte, une banque demande la carte de résident, un numéro de téléphone joignable et un sceau (hanko), que certaines remplacent par la signature. Beaucoup de banques posent une condition de six mois de résidence au Japon : la Banque postale (Yucho Ginko) et certaines banques en ligne sont les adresses classiques des premières semaines. Source
  • En attendant le compte local, votre carte française est acceptée dans les grandes enseignes ; Wise propose aussi son compte et sa carte multidevises aux résidents du Japon. Une carte de crédit japonaise, elle, exige carte de résident, adresse, compte bancaire japonais et téléphone. Source
  • Au quotidien, les cartes IC (Suica, PASMO), en carte ou dans l'iPhone, paient le train, le métro et de nombreux commerces, avec une utilisation commune dans tout le pays. PayPay règle par QR code dans beaucoup de boutiques et de restaurants. Source
  • Gardez toujours des espèces : les petites cliniques, les restaurants de quartier et les festivals ne prennent souvent ni carte ni téléphone. Source
  • Gardez au moins un compte en France, utile pour les factures et les remboursements, et prévenez votre banque avant le départ : il passe en statut non-résident, et certains produits comme le LEP doivent être clôturés. Demandez-lui les conditions qu'elle applique aux non-résidents. Source

Adresses

S'équiper en arrivant

IKEA a fermé Harajuku et Shinjuku en février 2026 mais ouvert Toyosu en septembre ; Nitori et les grandes enseignes d'électroménager complètent, et la seconde main passe par Mercari et Jimoty.

Adresses

Transports avec des enfants

Métro, JR, lignes privées et bus : tout se paie d'un bip de carte Suica ou PASMO, les petits voyagent gratuitement et les écoliers à moitié prix. La voiture n'est presque jamais nécessaire dans Tokyo, et les enfants prennent le train seuls dès le primaire.

À savoir

  • Sur le métro de Tokyo, les enfants d'âge préscolaire voyagent gratuitement avec un adulte payant ; de 6 à 11 ans (école élémentaire), le tarif enfant est la moitié du tarif adulte, et un enfant de 12 ans encore à l'école élémentaire le garde. Source
  • Une carte Suica ou PASMO rend le trajet un peu moins cher que le billet et sert aussi à payer au konbini ; la version enfant applique le demi-tarif automatiquement au portillon. Les abonnements (teikiken) d'un, trois ou six mois sont avantageux pour le trajet d'école, avec un tarif scolaire sur présentation d'un certificat de l'établissement. Source
  • Poussette : presque toutes les stations ont un ascenseur, signalé sur les plans, et les voitures de tête ou de queue comportent un espace libre pour fauteuils et poussettes ; les bus sont à plancher bas. Évitez simplement la pointe du matin, où l'on vous demandera de replier la poussette, et repérez les wagons réservés aux femmes, ouverts aux petits enfants.
  • Le permis international français n'est pas reconnu au Japon : pour conduire, il faut une traduction certifiée du permis français (JAF ou association ALADDIN), valable avec le permis et le passeport pendant la première année de résidence. Au-delà d'un an, un permis japonais est obligatoire. Source
  • L'échange du permis français (gaimen kirikae) se fait dans un centre de permis de Tokyo (Samezu à Shinagawa, Fuchu ou Koto) avec un contrôle de la vue et de l'ouïe : certificat de résidence, passeport, permis et traduction, preuve de trois mois de séjour en France après l'obtention du permis, deux photos. L'ambassade ne délivre ni traduction ni attestation de séjour. Source
  • En voiture, les enfants de moins de 6 ans doivent être installés dans un siège auto, et il faut prouver une place de stationnement avant d'immatriculer un véhicule. Dans Tokyo, l'autopartage ou la location à la journée suffisent pour Chiba, Hakone ou la montagne ; les taxis se commandent en quelques minutes par application. Source

Administration : My Number, impôts et consulat

Le Japon a son équivalent de la carte Vitale et du numéro fiscal réunis : le My Number, attribué à chacun dès l'inscription à la mairie. L'impôt sur le revenu est retenu à la source, la taxe de résidence arrive avec un an de décalage, et le consulat reste votre mairie française.

À savoir

  • Le My Number (numéro individuel) est attribué à chaque résident inscrit à la mairie ; la carte à puce qui l'accompagne sert de carte d'assurance santé, permet la déclaration d'impôt en ligne et l'inscription en crèche, et s'obtient sur demande après réception de la notification. Source
  • L'impôt sur le revenu est retenu chaque mois par l'employeur, qui régularise en décembre (ajustement de fin d'année) ; une déclaration (kakutei shinkoku) n'est due qu'avec d'autres revenus ou un statut d'indépendant, entre le 16 février et le 15 mars. L'année fiscale suit l'année civile. Source
  • La taxe de résidence (juminzei), impôt local de l'arrondissement et de la préfecture, se calcule sur les revenus de l'année précédente et se paie à partir de juin : elle n'arrive donc en général qu'à partir de la deuxième année, et continue de courir l'année qui suit un départ. Source
  • La taxe sur la consommation est de 10 %, ramenée à 8 % sur les aliments et boissons à emporter (hors alcool) ; les prix sont presque toujours affichés taxe comprise. Une convention fiscale lie la France et le Japon pour éviter la double imposition. Source
  • Ce que le consulat fait : passeports et cartes d'identité, transcription des naissances et mariages, inscription au registre, élections, aides sociales, et les bourses scolaires AEFE, réservées aux enfants français inscrits au registre et scolarisés au Lycée français international de Tokyo ou de Kyoto, à demander sur la plateforme SCOLAIDE de janvier à mars. Source
  • Ce qu'il ne fait pas : l'État français ne prend pas en charge vos frais de santé, d'hospitalisation ou de rapatriement au Japon ; le consulat ne délivre pas de traduction certifiée et ne traite pas les visas japonais, qui relèvent de l'immigration. Il publie en revanche des listes de notoriété de médecins, traducteurs et avocats. Source

Budget : ce qui coûte plus ou moins cher

Tokyo a la réputation d'être hors de prix ; la réalité est plus nuancée. Le logement au centre et les écoles internationales pèsent lourd, mais la santé des enfants, les transports, les sorties et la vie quotidienne sont souvent plus doux qu'à Paris. Sans chiffres précis, voici les ordres de grandeur.

À savoir

  • Logement : nettement plus cher au centre, pour des surfaces plus petites qu'en France, et un budget d'entrée de quatre à six mois de loyer. On gagne vite de l'espace en s'éloignant de quelques stations, à Setagaya, Nerima ou dans le nord autour du Lycée. Source
  • Garde et école : les crèches japonaises (hoikuen) sont facturées selon les revenus, et l'accueil des 3 à 5 ans en crèche, jardin d'enfants ou centre certifié est gratuit ; l'école publique japonaise est gratuite. Le Lycée français et les écoles internationales sont payants, ces dernières nettement plus, voir notre page sur les frais de scolarité. Source
  • Santé : beaucoup moins cher pour les enfants. Avec le certificat médical délivré par l'arrondissement, consultations, hospitalisations et médicaments remboursables des moins de 18 ans ne coûtent rien ; les adultes paient 30 % des soins. Source
  • Allocations : l'allocation pour enfant (jido teate) est versée chaque mois pour chaque enfant jusqu'à ses 18 ans, plus élevée avant 3 ans et pour le troisième enfant ; elle se demande à la mairie dès l'arrivée, sans condition de nationalité. Source
  • Transports : abonnement adulte comparable à Paris, enfants gratuits avant l'école élémentaire puis à moitié prix, et pas de voiture à entretenir, ni d'assurance, ni de parking, ni de contrôle technique coûteux. Source
  • Courses et sorties : fruits, fromage, pain, vin et produits d'import coûtent le double ou plus ; riz, poisson, légumes de saison et plats du quotidien sont comparables. Manger dehors en famille est souvent moins cher qu'en France, sans pourboire, et les parcs, temples et nombreux musées pour enfants sont gratuits ou presque.

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